Pourquoi j’ai installé Asahi Linux sur mon Mac (Série « Asahi » 1/2)

Asahi Linuy kawaii

J’ai passé tout un week-end à faire de la place sur le disque de mon Mac. Pas pour le plaisir du rangement, mais pour y installer Asahi Linux, un système d’exploitation qui me tentait depuis longtemps et qui, jusqu’à très récemment, n’existait pas pour les Mac équipés d’une puce Apple Silicon M3. C’est désormais chose faite.

Vous allez vous dire : « Mais pourquoi vouloir installer un autre système sur un Mac qui fonctionne très bien ? » Tout est parti d’un petit mot de trois lettres : non.

Tout a commencé par un « non »

J’ai découvert le projet Asahi Linux il y a quelques années. L’idée m’avait tout de suite stimulée : redonner vie à d’anciens Mac, ceux que les mises à jour d’Apple finissent par laisser de côté. Puis le projet est sorti de mes radars.

Il y est revenu par une question toute simple, au moment où macOS 27 est apparu dans les mises à jour de mon Mac : pourrai-je désactiver l’IA de Siri aussi facilement que dans macOS Tahoe ? La réponse est un non franc. Là où Tahoe proposait un seul interrupteur pour couper Apple Intelligence, macOS 27 l’a supprimé : il faut désormais désactiver les fonctions une à une, réglage après réglage.

C’est à ce moment que j’ai pris ma décision : je n’installerai pas la prochaine mouture de macOS. C’est la première fois de ma vie que je refuse une mise à jour majeure Apple. Pas par caprice, mais au terme d’une réflexion slow tech : ce n’est pas à mon système d’exploitation de décider notamment de la place que l’IA prend dans mon quotidien.

Le prix d’un refus

Mon Mac n’a que trois ans. C’est une super machine, rapide, fiable, que je n’ai aucune envie de remplacer. Mais en refusant macOS 27, je sais que je réduis sa durée de vie, « applement » parlant. Je reste sur Tahoe, avec au mieux deux ans de mises à jour encore devant moi. Ensuite viendront les failles de sécurité non corrigées, sur une machine encore parfaitement performante.

C’est tout le paradoxe : pour rester fidèle à mes valeurs, je condamnais à terme un ordinateur en pleine forme. Sauf si…

Une merveilleuse coïncidence

En prenant des nouvelles du projet, j’ai découvert que ça ne pouvait pas mieux tomber : depuis le 6 septembre 2026, il prend officiellement en charge les Mac équipés d’une puce M3. Une merveilleuse coïncidence, à laquelle je n’ai pas pu résister!

Logo Asahi Linux (pomme Apple stylisée)

Ce qu’Asahi Linux m’a demandé, concrètement

Entre l’envie et la réalité, il y a eu trois étapes.

1. Faire de la place. Il me fallait au moins 150 Go libres. C’est là que j’ai découvert que, selon le service cloud utilisé, les fichiers sont… ou ne sont pas réellement stockés sur le disque de l’ordinateur. Et c’est là aussi que l’aventure a commencé à prendre des heures, voire deux jours, pour déplacer mes fichiers d’iCloud vers Proton Drive. Sans compter le temps de la synchronisation réelle, fichier par fichier… sur plus de 200 000 fichiers ! (Oui, j’avais toute une bibliothèque dédiée au graphisme à déplacer!) Bref, ce fut fastidieux. Mais au passage, mes données ont quitté l’écosystème Apple : un pas de plus vers ma souveraineté numérique.

2. Installer Asahi Linux. Paradoxalement, la partie la plus facile ! Je me suis tout de même fait aider par Claude AI dans ce projet, qui a pris un peu plus d’envergure que prévu. Oui, une IA. Mais une IA que j’ai choisie spécifiquement pour cette tâche et que j’ouvre quand j’en ai besoin, ce qui change tout par rapport à une IA imposée par le système. C’est exactement l’esprit du >slow_prompt.

3. Apprivoiser le nouvel environnement. Découvrir Linux, le paramétrer, retrouver mes outils du quotidien. Sans encore chercher à couvrir mes besoins en photographie, graphisme et musique. Tout compte fait, mes besoins primaires sont finalement très peu nombreux. Une petite découverte en soi.

Ce qui fonctionne, ce qui coince

J’avais anticipé la liste des programmes qui m’étaient indispensables au quotidien, pour savoir s’ils avaient un équivalent installable sous Linux. Au final, je n’ai eu besoin que de 5 programmes à installer en version bureau. Pour le reste, je me débrouille avec les versions web (notamment pour la suite Proton : mail, calendar, drive et Lumo). J’utilise également Claude IA en version web.

J’ai découvert l’utilisation un peu plus intensif du Terminal (ou Konsole) pour l’installation de ces programmes. J’aime cette façon de procéder, qui donne l’impression d’être geek, alors que je ne fais que copier-coller des lignes de codes que Claude Ai me donne ou que je trouve sur Internet.

Certaines fonctionnalités ne sont pas encore disponibles dans Asahi pour les Mac M3 (mise en veille, écran externe, accélération graphique). Pour le moment, cela ne me dérange pas. J’ai également compris comment optimiser certains comportements du système encore imparfaits, comme par exemple la batterie qui semblait tenir moins longtemps sous Asahi. Voici les quelques détails et astuces, pour les curieux : 

Limites actuelles du M3 (septembre 2026)

  • Pas de veille : éteindre plutôt que fermer l’écran.
  • Pas de GPU : tout l’affichage passe par le processeur.
  • Rétroéclairage non pilotable sous Asahi : il dépend du niveau réglé sous macOS.

Autonomie : les gestes efficaces

Écran (le plus important) : avant de redémarrer sous Asahi, régler sous macOS une luminosité confortable mais pas maximale (luminosité automatique désactivée). Le curseur KDE n’assombrit que l’image, sans économiser d’énergie.

Alléger KDE (le processeur dessine tout) :

  • Paramètres > Apparence > vitesse des animations : « Instantanée »
  • Paramètres > Gestion des fenêtres > Effets de bureau : désactiver flou, transparence, animations

Sur batterie :

  • Profil « Économie d’énergie » (widget Alimentation et batterie)
  • Rétroéclairage clavier éteint
  • Bluetooth désactivé si inutile
  • Fermer onglets et applications inutiles
  • Vidéos longues : plutôt sous macOS, ou en basse résolution.

 

Et maintenant ?

Dans le prochain article, je vous présenterai le petit outil que j’ai créé pour mes besoins personnels : un mode lecture façon e-ink, pour retrouver sur mon écran un peu du calme de mes tablettes.

Sources :

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