La tablette qui mérite ma confiance (Série « Supernote » 1/4)

Article 1 de la série sur la tablette Supernote

En 2026, je cherchais une tablette e-ink capable d’offrir un niveau sérieux de sécurité pour mes données. Pas un argument marketing. Une architecture réelle, vérifiable, qui me permette de ne pas confier mes notes à des serveurs sur lesquels je n’ai aucun contrôle. Cette recherche m’a menée à la Supernote. Et avec elle, au bout d’un voyage de presque quarante ans dans les technologies.

1988. Ou presque.

Mon premier ordinateur, je l’ai eu aux alentours de 1988 ou 1989. Un IBM, je crois, avec une unité centrale encombrante et un écran cathodique vert. Je n’étais pas geek au sens où on l’entend — pas de dévotion, pas de collection de magazines spécialisés sur ma table de nuit. Mais j’avais choisi l’option informatique au lycée, entraînée par une amie qui avait calculé que cela nous placerait dans de meilleures classes. Stratégie payante, au passage.

Ce que j’y ai découvert : un univers logique et un peu magique, le code Pascal, les fractales, les premiers programmes pour faire parler un ordinateur qui ne savait que biper. Je codais des petits exercices trouvés dans des magazines de PC. Cela m’amusait vraiment. Pas pour faire comme les garçons de la classe, qui eux étaient de vrais passionnés. Plutôt par curiosité tranquille, par plaisir de l’exploration.

Ce fil-là ne m’a plus quittée. L’informatique a traversé ma vie professionnelle et personnelle, toujours présente, jamais en première ligne. Jusqu’en 2020, où quelque chose a changé : j’ai commencé à prendre au sérieux la question de mes données personnelles. Premier geste concret, basculer de Gmail vers Proton Mail. Un geste qui a mis des années à s’inscrire dans un écosystème cohérent, mais qui reste le point de départ de ce que je fais aujourd’hui avec hu-tech.ch.

Écrire, lire, penser. Et ne pas être dérangée.

Quand je cherche une tablette, mes besoins sont simples à formuler : écrire (journal, prises de notes), lire, et ne pas être interrompue. Ce troisième point est moins anodin qu’il n’y paraît. Ce n’est pas que j’aie des difficultés de concentration. C’est que je tiens à ne pas créer les conditions qui rendraient la dispersion possible.

J’ai utilisé des iPad depuis leurs débuts, en 2010. J’étais une grande fan d’Apple, et j’y suis restée fidèle pendant des années. Mais l’expérience a fini par me décevoir sur trois points précis : le stylet glissait trop sur la surface de verre, l’écran LCD fatiguait mes yeux sur la durée, et l’intégration dans l’écosystème Apple transformait la tablette en terminal de notifications — appels FaceTime, mails, messages. Tout ce que je cherchais à éviter.

2019 : la révélation e-ink.

Ma première reMarkable date de 2019. Elle a résolu d’un coup les trois problèmes. Écran e-ink reposant, surface conçue pour l’écriture, aucune application parasite. J’ai découvert un outil dédié, sobre, concentré sur l’essentiel. J’ai été fidèle à reMarkable plusieurs années, j’ai acheté tous leurs modèles — la reMarkable 1, la reMarkable 2, la Paper Pro, puis la Paper Pro Move — jusqu’à ce que les versions Pro me déçoivent. Le stylet, sur ces modèles, est devenu trop dur sur la surface. Une sensation de tapotement sur la page qui cassait le plaisir d’écriture. Pour moi, c’est rédhibitoire.

Le détour Boox.

En 2024, j’ai exploré les Onyx Boox. J’ai acheté la Tab Pro X, puis l’Air 3C. La sensation d’écriture était douce — comparable aux premières reMarkable, que j’avais améliorée encore avec un film paper-like. Et surtout : Android ouvert, applications disponibles, flexibilité. J’ai apprécié cette liberté. Pendant deux ans, cela a fonctionné.

Mais la flexibilité a un revers. Plus d’applications signifie plus de tentations, plus de surface d’exposition pour mes données, et un OS conçu pour l’ouverture plutôt que pour la cohérence. Ce n’était pas suffisant pour ce que je cherchais.

2026 : la question des données.

C’est en cherchant une tablette compatible avec mes exigences de souveraineté que je suis tombée sur la Supernote. Deux modèles au catalogue, un OS pensé pour l’écriture, et surtout : la possibilité de créer son propre cloud privé pour y stocker ses notes et documents, sans passer par les serveurs de la marque. Puis j’ai découvert la réparabilité — batterie remplaçable, carte mère évolutive, outillage fourni dans la boîte. La seule marque sur le marché à proposer cela.

En tant que créatrice de hu-tech.ch, je dois être cohérente avec ce que je défends. La sécurité, la confidentialité, la durabilité, la réparabilité ne sont pas des arguments de vente que j’évalue chez les autres : ce sont des critères qui s’appliquent d’abord à mes propres choix technologiques.

J’ai commandé la Supernote Manta.

Dans le prochain article : les premières sensations, le matériau, le stylet, et pourquoi cette tablette ne ressemble à aucune autre.

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