Outil « >slow_prompt » : 5 questions avant d’utiliser l’IA

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>slow_prompt est un outil pour un usage conscient de l'IA -- cinq questions à se poser avant d'ouvrir un assistant comme ChatGPT ou Claude.

Pourquoi un usage conscient IA ?

Avant de vous proposer cet outil, je dois être honnête sur ce qu’il ne peut pas faire.

  • >slow_prompt ne garantit rien.
  • Il ne certifie pas que votre usage d’une intelligence artificielle est éthique, souverain ou même simplement juste.
  • Il ne vous protège pas des angles morts que nous avons toutes et tous sur nos propres pratiques.
  • Et il ne s’adresse qu’à celles et ceux qui cherchent déjà à se questionner — il ne convertit pas un usage automatique en usage réfléchi par la seule vertu d’être lu.

Ce que ces cinq questions peuvent faire, c’est créer une interruption volontaire. Un sas entre l’impulsion et le prompt.

J’ai construit >slow_prompt à partir d’un constat simple : la plupart des dérives dans mon propre usage des IA ne viennent pas d’une mauvaise intention. Elles viennent d’un réflexe. J’ouvre un outil parce qu’il est là, parce que c’est rapide — précisément parce qu’il est prompt. Parce que ça rassure d’avoir une réponse immédiate, même quand cette réponse mériterait d’abord d’être cherchée par moi-même.

>slow_prompt, c’est l’inverse de ce réflexe. Pas un garde-fou, pas une injonction. Juste un ralentissement choisi, avant de soumettre quoi que ce soit.

Ces questions ne prennent pas plus de trente secondes. Lues une fois attentivement, elles peuvent devenir une posture intériorisée. Ou elles peuvent rester un rituel vide récité sans y penser — ce qui serait exactement le contraire de l’usage conscient qu’elles cherchent à encourager.

Ces questions ne protègent pas seulement vos circuits neuronaux. Elles réintroduisent un sujet conscient là où il n’y avait qu’un réflexe. La différence entre un comportement et une action.

C’est vous qui décidez de ce que vous en faites.

> 01 — Ai-je d’abord réfléchi par moi-même ?

Pas pour rivaliser avec la machine. Pas pour démontrer quoi que ce soit. Juste trente secondes — une phrase, une esquisse, une direction. Un moment de retour à soi avant de déléguer. L’objectif est de ne pas lui confier le début de ma pensée, parce que c’est précisément là que se joue mon autonomie intellectuelle. Ce que je formule avant de demander reste mien. Ce que je laisse formuler à ma place ne l’est plus tout à fait.

> 02 — Ce que je vais saisir contient-il des informations que je ne confierais pas à un prestataire inconnu ?

Noms de personnes, données médicales, contrats, informations confidentielles d’un projet, détails sur des tiers qui n’ont pas consenti — si je ne les transmettrais pas à un sous-traitant sans accord préalable, je ne les saisis pas ici. Anonymiser, paraphraser, ou reformuler avant d’envoyer. Ce réflexe existe déjà dans d’autres contextes professionnels. Il s’applique ici de la même façon.

> 03 — Est-ce une tâche ou une pensée que je délègue ?

La distinction est nette : une tâche a un résultat vérifiable et ne nécessite pas que j’en sois l’auteur — reformater, traduire, structurer, chercher une syntaxe. Une pensée, elle, m’appartient — réfléchir à une décision, évaluer une situation, ressentir ce qui est juste. Déléguer une tâche est cohérent. Déléguer une pensée, c’est me dessaisir de quelque chose que nul outil ne peut porter à ma place. Les deux peuvent se ressembler dans la façon dont on formule la requête. La différence est dans ce que je suis prêt à ne plus porter moi-même.

> 04 — Vais-je vérifier ce que l’IA produit — ou simplement l’utiliser ?

Une intelligence artificielle peut se tromper avec la même assurance qu’elle a raison. Elle ne sait pas qu’elle hallucine. Si je ne suis pas en mesure de vérifier ce qu’elle produit — parce que le sujet est trop technique, trop spécialisé, trop incertain, ou parce qu’il dépasse sa date de connaissance — alors je dois le dire explicitement dans ce que je partage ou publie. L’IA ne porte pas la responsabilité de ce qu’elle génère. Moi, si. Assumer ce que je diffuse, c’est rester présent à ce que je mets dans le monde.

> 05 — Est-ce que j’ouvre cet outil par intention ou par réflexe ?

C’est la question la plus courte et la plus radicale. Le réflexe n’est pas un choix — c’est l’automatisme qui agit à ma place. L’intention, elle, suppose que je suis là. Si la réponse est « par réflexe » — fermer l’onglet, revenir dans cinq minutes. L’IA sera encore là. Ma capacité à faire sans elle, un peu moins.

> pour aller plus loin

La vidéo « La Fabrique à Idiots » de Micode (janvier 2026) documente, par des exemples concrets et des études scientifiques, les mécanismes que >slow_prompt cherche à interrompre. Une ressource utile pour comprendre pourquoi ces questions ne sont pas anodines. Micode conclut que « ce n’est pas l’IA qui nous rend stupides, c’est l’usage systématique et non conscient que nous en faisons. »

L’étude « Your Brain on ChatGPT » (Kosmyna et al., MIT, 2025) apporte une base empirique aux intuitions derrière les questions > 01, > 03 et > 05.

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